Cet astre ne ressemble pas encore à la Terre comme deux gouttes d'eau. Mais, pour la première fois, la présence de ce liquide et donc la possibilité d'apparition de la vie, est rendue plausible par les caractéristiques de ce nouveau monde, qui se rapprochent du nôtre.

Les mesures, réalisées avec un télescope de l'Observatoire austral européen (ESO) de La Silla, au Chili, ont permis d'estimer la masse minimale de l'astre à environ 5 fois celle de la Terre, et son diamètre, supérieur de 50 %.

Les chercheurs estiment que cette"super-Terre" a des chances de jouir d'une température située entre 0 °C et 40 °C. Elle serait ainsi la première exoplanète à se trouver, comme la Terre, dans la"zone d'habitabilité" où des températures clémentes permettent à l'eau de demeurer à l'état liquide.

Cette situation privilégiée ne suffit évidemment pas à garantir l'émergence de la vie sur une planète rocheuse. Mars, par exemple, se situe aux franges de la zone d'habitabilité de notre système solaire, mais n'est guère hospitalière. Cette nouvelle exoplanète est 14 fois plus proche de son étoile, Gliese 581, que la Terre l'est du Soleil. S'il était placé à une distance équivalente, notre monde serait depuis longtemps calciné.

L'exoplanète est, elle, préservée de ce sort parce que Gliese 581 est une naine rouge, beaucoup plus petite, moins chaude et 50 fois moins brillante. L'équilibre de la planète pourrait toutefois y être menacé par la violence des éruptions des naines rouges, réputées colériques. "Mais depuis que nous l'observons, Gliese 581 nous est apparue aussi calme que le Soleil", dit Xavier Delfosse (université Grenoble-I), cosignataire de l'étude à paraître dans Astronomy and Astrophysics.